Après le « clean », puis le « durable », la beauté se cherche un nouveau mot d’ordre : la régénération. C’est le thème retenu pour la 12ᵉ édition de Cosmetic 360, le salon de l’innovation en parfumerie et cosmétique, qui s’achève ce jeudi 15 octobre au Carrousel du Louvre, à Paris. Ce qui s’y montre aux industriels finit, quelques saisons plus tard, dans nos trousses de toilette.
Qu’est-ce que Cosmetic 360 ?
Organisé par la Cosmetic Valley, le réseau de la filière parfum-cosmétique, Cosmetic 360 n’est pas un salon grand public. On n’y achète pas de crème : on y découvre les ingrédients, les formules, les emballages et les machines qui feront les produits de demain.
Selon Premium Beauty News, l’édition 2026 accueille 260 exposants de 20 pays. On y croise les laboratoires de grands groupes comme Estée Lauder, L’Oréal, LVMH Recherche ou le chinois Proya, mais aussi des dizaines de jeunes pousses réunies dans un village start-up.
Que veut dire « beauté régénérative » ?
Le mot est ambitieux. Il ne s’agit plus seulement de limiter l’impact d’un produit, mais de restaurer les ressources qu’il mobilise. Le directeur du salon, Franckie Béchereau, le résume ainsi auprès de Premium Beauty News : « La régénération ouvre un nouveau chapitre pour notre industrie : celui où la beauté redonne plus qu’elle n’enlève. »
D’après Industries Cosmétiques, le programme de conférences couvre toute la chaîne : des ingrédients issus de cultures qui régénèrent les sols, des formules pensées pour « restaurer et renouveler », des matériaux d’emballage qui vont au-delà du simple recyclage, et des méthodes scientifiques pour mesurer cet impact.
Une promesse à surveiller de près
C’est ce dernier point qui comptera pour nous, consommatrices et consommateurs. Un terme aussi séduisant appelle des preuves. Le salon met d’ailleurs en avant la mesure de l’impact régénératif : un bon réflexe à garder en tête quand le mot commencera à fleurir sur les étiquettes.
La nutricosmétique, nouvelle venue du salon
Autre nouveauté de cette édition : une zone entièrement consacrée à la nutricosmétique, ces compléments alimentaires qui revendiquent un effet sur la peau, les cheveux ou les ongles. Industries Cosmétiques et Premium Beauty News citent tous deux une estimation de marché mondial de 300 milliards d’euros d’ici 2030.
La zone est organisée autour de quatre piliers : les ingrédients, la formulation, la réglementation et le marketing. La place faite à la réglementation n’est pas anodine : ces produits relèvent du complément alimentaire, avec ses propres règles, et pas de la cosmétique classique.
Ce qui pourrait arriver dans nos salles de bains
Le salon fonctionne comme une vitrine avancée. Les Innovation Challenges, où les grands groupes soumettent leurs besoins aux start-up, donnent une idée des pistes travaillées en coulisses. Les tables rondes sur le packaging, les tests et l’analyse, ou les procédés industriels, dessinent aussi les produits des prochaines années.
Parmi les espaces de cette édition figurent aussi une zone consacrée à la beauté chinoise, la « C-beauty », et une zone de démonstrations industrielles. Le signe d’une filière qui regarde désormais autant vers l’Asie que vers ses propres usines.
La soirée des Cosmetic 360 Awards s’est tenue le mercredi 14 octobre, avec un prix spécial « Régénérations – Coup de cœur du jury ». Les lauréats donneront un bon aperçu des innovations à suivre dans les mois à venir.
Notre regard
Pour nous, la leçon est simple. Le vocabulaire de la beauté va encore évoluer, et « régénératif » rejoindra bientôt « naturel » et « clean » sur les flacons. La bonne attitude reste la même : lire la liste d’ingrédients, chercher ce que la marque mesure vraiment, et ne pas confondre une jolie promesse avec un résultat.







